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![]() manuscrit de Dioscoride, |
En Grèce la plante entrait dans la composition d'au moins 41
médicaments; elle était utilisée, entre autres, contre les
morsures de serpents et piqûres de scorpions, contre les maux d'estomac,
contre les douleurs intestinales, contre la toux, contre l'hydropisie ... A Rome des rhizomes secs, ainsi que des fleurs fraîches servaient
à aromatiser le vin, qui ainsi aurait acquis des propriétés dans les
pathologies du "souffle", 'est-à-dire les maladies pulmonaires.
Les fleurs entraient dans les nombreuses compositions
florales lors des fêtes initiatiques. |
Charlemagne en encouragea la culture dans tous les monastéres de son empire;
il figure dans la liste des végétaux du Capitulaire de Villis
(ordonnance de Louis le Pieux en 795) composée de plantes qui devaient
être cultivées dans les domaines royaux. Le jus de rhizome reconnu
pour ses qualités digestives était prescrit contre "les douleurs de
la vésicule"; le rhizome servait aussi, réduit en poudre, à empeser
le linge.
Puis l'iris rejoint les jardins des féodaux. L'origine du nom Iris
germanica vient du fait qu'il était
cultivé dans de nombreux châteaux en Allemagne et donc fort
répandu dans cette contrée. Il fut introduit en Germanie au 16e
siècle par des moines venant d'Italie.
Au 18e siècle, il passait pour guérir les scrofules et les maladies
de peau.
Autrefois, en Alsace, l'Iris pseudacocus était utilisé
pour arrêter les hémorragies.
Quelques représentation de l'espèce iris dans des herbiers du 16e siècle.
![]() iris dans l'herbier de Fuchs |
![]() iris dans l'herbier de Dodoens |
![]() iris dans l'herbier de Gérard |
Au Tibet il est aussi présent dans la pharmacopée Tibétaine (dans le Vandouria-onbo) où il était utilisé dès les premiers siècles avant J.C.
Chez les amérindiens les "Hommes-médecines" fabriquaient un mélange à fumer avec des fragments de rhizomes d'Iris missouriensis associés à d'autres racines et du tabac pour donner la nausée à leurs patients afin de les soigner ultérieurement à grands frais.
Au début du siècle, il était encore utilisé en
pharmacie comme pois cautère, comme bâtonnet à mâcher
donné aux enfants pendant la période de croissance des dents et comme poudre
dentifrice. Il servait aussi à parfumer le vermouth (absinthe),
certaines liqueurs (ex. Izarra) et certains vins, notamment en Toscane. Des
fragments de rhizomes étaient utilisés pour parfumer les
lessives, et des sachets de poudre servaient à parfumer le linge dans
les armoires. A Saint-Claude, des rhizomes étaient évidés
pour en faire des portes-cigarettes. En Angleterre, des graines d'Iris
foetidissima étaient consommées comme succédané
de café. Aux Etats-Unis, on tirait du rhizome d'Iris versicolor
de l'iridine (glucoside), substance utilisée comme drogue en
homéopathie.
Actuellement, l'iris a encore des utilisations en herboristerie: la poudre de
rhizome d'Iris florentina sert de shampooing sec ou de
dentifrice. Ayant des propriétés expectorantes, elle sert aussi
à traiter le rhume de cerveau (décoction de poudre de moins de 5g;
au-delà, elle sert de vomitif ou de purgatif). Ses fleurs auraient des
propriétés diurétiques. Le suc du rhizome frais
d'Iris pseudacorus est utilisé pour le traitement de plaies
externes, comme carminatif; à dose élevée, il est
très toxique. Il est connu aussi, comme correcteur de goût
mucilagineux (?). Dans les années 40, sous l'occupation, les feuilles
étaient récoltées pour en extraire la vitamine C.
Et bien sûr, l'Iris pallida et l'Iris germanica sont
encore cultivés en Toscane et au Maroc pour les irones (base de
parfumerie) contenues dans le rhizome. Cette huile essentielle à
fragrance proche de celle de la violette est utilisée comme "note de
fond" (fixateur) dans les parfums, ou pour aromatiser des préparations
alimentaires à flaveur de fruits des bois. Les constituants olfactifs
majeurs sont des terpènes dégradés appelés
irones. C'est la matière première la plus cher en parfumerie (jusqu'à
850.000 FF le kilo au début des années 90).
La culture à des fins horticoles est connue dès le 16e siècle en Chine et au Japon où à partir du 17e siècle, de nombreux hybrides sont obtenus. En Europe la commercialisation d'espèces ou d'hybrides naturels commence au 17e siècle, où environ 25 espèces d'iris figuraient dans un catalogue Anglais. Mais c'est seulement au 19e siècle que les premiers cultivars ont été obtenus.
Aujourd'hui, on ne compte plus le nombre d'hybrides horticoles présents
sur le marché; ceux-ci varient selon la hauteur et la couleur du
feuillage et bien sûr selon la couleur et la forme des fleurs. En France
quatre entreprises (à notre
connaissance) ne vivent que de la commercialisation d'iris horticoles. Certains
cultivars peuvent valoir jusqu'à 800 F le pied.