utilisation

 
 



Bien qu'ils fussent de tous temps appréciés pour la beauté de leurs fleurs et pour leurs capacités odorantes, les premières utilisations des iris furent tout d'abord médicinales, puis rapidement, ils entrèrent dans des compositions aromatiques et enfin en horticulture.


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20e siécle

En Grèce antique paragraphe suivant

 


Iris de Dioscoride

manuscrit de Dioscoride,
Byzance vers 512 (B.N. de Vienne).

En Grèce la plante entrait dans la composition d'au moins 41 médicaments; elle était utilisée, entre autres, contre les morsures de serpents et piqûres de scorpions, contre les maux d'estomac, contre les douleurs intestinales, contre la toux, contre l'hydropisie ...
Des rhizomes secs étaient donnés aux jeunes enfants pour faciliter la dentition. Les rhizomes séchés étaient déjà utilisés pour leur fragrance, soit directement brûlé dans les temples pour en parfumer l'atmosphère, soit pour réaliser des baumes et autres produits de beauté parfumés.

A Rome des rhizomes secs, ainsi que des fleurs fraîches servaient à aromatiser le vin, qui ainsi aurait acquis des propriétés dans les pathologies du "souffle", 'est-à-dire les maladies pulmonaires. Les fleurs entraient dans les nombreuses compositions florales lors des fêtes initiatiques.
La culture était pratiquée sur tout le pourtour méditerranéen, mais les meilleurs rhizomes venaient d'Istrie et de Macédoine.
PLINE l'Ancien raconte comment on devait procéder pour arracher les rhizomes: la personne devait s'asperger d'eau parfumée au miel pendant trois mois pour apaiser la Terre et faire trois cercles autour d'elle avec son épée, arracher le rhizome et l'élever vers le ciel.

 
L'iris était présent dans la pharmacopée arabe. AVICENNE classait les rhizomes parmi les drogues. Ils étaient utilisés pour soigner diverses maladies (similitude avec la Grèce).

 


En Europe  

Charlemagne en encouragea la culture dans tous les monastéres de son empire; il figure dans la liste des végétaux du Capitulaire de Villis (ordonnance de Louis le Pieux en 795) composée de plantes qui devaient être cultivées dans les domaines royaux. Le jus de rhizome reconnu pour ses qualités digestives était prescrit contre "les douleurs de la vésicule"; le rhizome servait aussi, réduit en poudre, à empeser le linge.
Puis l'iris rejoint les jardins des féodaux. L'origine du nom Iris germanica vient du fait qu'il était cultivé dans de nombreux châteaux en Allemagne et donc fort répandu dans cette contrée. Il fut introduit en Germanie au 16e siècle par des moines venant d'Italie.

Au 18e siècle, il passait pour guérir les scrofules et les maladies de peau.
Autrefois, en Alsace, l'Iris pseudacocus était utilisé pour arrêter les hémorragies.

Quelques représentation de l'espèce iris dans des herbiers du 16e siècle.

iris dans l'herbier de Dodoens

iris dans l'herbier de Fuchs

iris dans l'herbier de Fuchs

iris dans l'herbier de Dodoens

iris dans l'herbier de Gerard

iris dans l'herbier de Gérard

 


Ailleurs  

 

Au Tibet il est aussi présent dans la pharmacopée Tibétaine (dans le Vandouria-onbo) où il était utilisé dès les premiers siècles avant J.C.

Chez les amérindiens les "Hommes-médecines" fabriquaient un mélange à fumer avec des fragments de rhizomes d'Iris missouriensis associés à d'autres racines et du tabac pour donner la nausée à leurs patients afin de les soigner ultérieurement à grands frais.

 


20e siècle

Au début du siècle, il était encore utilisé en pharmacie comme pois cautère, comme bâtonnet à mâcher donné aux enfants pendant la période de croissance des dents et comme poudre dentifrice. Il servait aussi à parfumer le vermouth (absinthe), certaines liqueurs (ex. Izarra) et certains vins, notamment en Toscane. Des fragments de rhizomes étaient utilisés pour parfumer les lessives, et des sachets de poudre servaient à parfumer le linge dans les armoires. A Saint-Claude, des rhizomes étaient évidés pour en faire des portes-cigarettes. En Angleterre, des graines d'Iris foetidissima étaient consommées comme succédané de café. Aux Etats-Unis, on tirait du rhizome d'Iris versicolor de l'iridine (glucoside), substance utilisée comme drogue en homéopathie.

Actuellement, l'iris a encore des utilisations en herboristerie: la poudre de rhizome d'Iris florentina sert de shampooing sec ou de dentifrice. Ayant des propriétés expectorantes, elle sert aussi à traiter le rhume de cerveau (décoction de poudre de moins de 5g; au-delà, elle sert de vomitif ou de purgatif). Ses fleurs auraient des propriétés diurétiques. Le suc du rhizome frais d'Iris pseudacorus est utilisé pour le traitement de plaies externes, comme carminatif; à dose élevée, il est très toxique. Il est connu aussi, comme correcteur de goût mucilagineux (?). Dans les années 40, sous l'occupation, les feuilles étaient récoltées pour en extraire la vitamine C.
Et bien sûr, l'Iris pallida et l'Iris germanica sont encore cultivés en Toscane et au Maroc pour les irones (base de parfumerie) contenues dans le rhizome. Cette huile essentielle à fragrance proche de celle de la violette est utilisée comme "note de fond" (fixateur) dans les parfums, ou pour aromatiser des préparations alimentaires à flaveur de fruits des bois. Les constituants olfactifs majeurs sont des terpènes dégradés appelés irones. C'est la matière première la plus cher en parfumerie (jusqu'à 850.000 FF le kilo au début des années 90).
La culture à des fins horticoles est connue dès le 16e siècle en Chine et au Japon où à partir du 17e siècle, de nombreux hybrides sont obtenus. En Europe la commercialisation d'espèces ou d'hybrides naturels commence au 17e siècle, où environ 25 espèces d'iris figuraient dans un catalogue Anglais. Mais c'est seulement au 19e siècle que les premiers cultivars ont été obtenus.
Aujourd'hui, on ne compte plus le nombre d'hybrides horticoles présents sur le marché; ceux-ci varient selon la hauteur et la couleur du feuillage et bien sûr selon la couleur et la forme des fleurs. En France quatre entreprises (à notre connaissance) ne vivent que de la commercialisation d'iris horticoles. Certains cultivars peuvent valoir jusqu'à 800 F le pied.


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